LE JUGEMENT DE PILATE DANS LA PEINTURE BYZANTINE DU DÉBUT DU XIVe SIÈCLE - Résumé

Dans la peinture monumentale byzantine du début du XIVe siècle le cycle de la Passion se distingue particulièrement par son ampleur. Dans les illustrations de la Passion, l'iconographie s'appuyait, dès les dernières années du XIIIe siècle, sur les modèles très anciens de l'art paléochrétien et des premières époques de l'art byzantin. Ce phénomène peut être particulièrement bien suivi dans les variantes des illustrations du jugement de Pilate.
Depuis environ 1295 jusque vers 1320 trois types de jugement de Pilate apparaît simultanément dans la peinture monumentale byzantine. La plus simple illustration s'appuie sur le prototype connu des reliefs sur les sarcophages paléochrétiens. Un spectacle plus solennel du jugement de Pilate se rattache, au point de vue iconographique, aux missoriums d'argent aux reliefs représentant l'empereur avec ses corégents et les gardes barbares; dans ces scènes l'événement de la Passion est placée dans l'ambiance de la cour impériale. La troisième illustration, la plus complexe, du jugement de Pilate s'appuie fortement sur les deux miniatures connues du code pourpré de Rossano. Cette variante s'insère dans la scène, décrite en détail, du tribunal romain. Les deux premières variantes s'en tiennent strictement aux textes des évangélistes, tandis que la troisième variante doit son origine aux influences manifestes des traditions apocryphes, provenant de Constantinople.
Sur les fresques représentant le jugement de Pilate dans l'église du Pratat, dans l'église de la Vierge Périvlèpte à Ohrid et dans l'église de Si Georges à Pološko, on peint, au premier plan, sur la table du juge, la garniture de bureau de Pilate qu'on gardait à Constantinople, au Xe siècle, presque comme une relique. Dans l'itinéraire d'Ibn Yahya on trouve la description d'une intéressante procession qu'on faisait à Constantinople le Mercredi des Cendres à laquelle prenait part l'empereur en personne avec les hauts dignitaires. Comme principaux accessoires de la procession prétendue on cite tous les objets ayant trait aux illustrations du troisième type du jugement de Pilate: la cuvette dans laquelle Pilate avait lavé les mains et les objets qu'il avait utilisés pour écrire. Du commentaire d'Ibn Yahya, dans lequel il explique le sens de la procession du Mercredi des Cendres, on peut se rendre compte combien on évaluait positivement le rôle de Pilate dans la vie religieuse de la chrétienté orientale même au Xe siècle. L'indulgence avec laquelle on jugeait le caractère hésitant de Pilate a considérablement influé sur les conceptions des illustrations représentant le jugement de Pilate dans la peinture byzantine de la fin du XIIIe et du début du XIVe siècle. D'arpès les textes et les matériaux iconographiques on peut suivre, même au cours des périodes ultérieures, la présence dans l'Orient chrétien, de la tradition de juger Pilate favorablement.




ПИЛАТОВ CУД У ВИЗАНТИЈСКОМ СЛИКАРСТВУ РАНОГ XIV ВЕКА
In: Хиландарски зборник (Recueil de Chilandar) 13 (1971) 293-312.

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