Les nouvelles d'Anne Comnène sur les Serbes

Nikola Radojčić

RÉSUMÉ
Dans cette étude l'auteur, le Dr. N. Radojcic, professeur à l'Université de Ljubljana, donne d'abord un petit aperçu sur l'exploitation des nouvelles d'Anne Comnène sur les Serbes, dans l'historiographie yougoslave. Ce fut Joannes Lucius qui, le premier, se servit (1666) de ses notices sur les Serbes, et, à sa suite, successivement, tous les historiens qui ont écrit sur les XIe et XIIe siècles serbes. Le premier qui ait fait de la critique sur la valeur historique des nouvelles d'Anne Comnène sur les Serbes fut François Racki. Si ses études étaient écrites dans quelque langue mondiale, on aurait évité beaucoup de malentendus et fautes dont on trouve une foule dans l'historiographie étrangère traitant des rapports des Serbes avec Byzance et les Normands au XIe et XIIe siècles. Les notices fragmentaires et passagères d'Anne Comnène sur les Serbes se rapportent à la période importante dans l'évolution serbe, lorsque les Serbes furent entraînés par les Byzantins et les Normands dans la politique mondiale et que la lutte pour l'hégémonie dans les pays serbes se fait remarquer entre Rasa et Zeta. L'auteur soumet à une critique rigoureuse toutes les nouvelles d'Anne Comnène sur les Serbes commençant vers 1080. Il les compare aux autres sources pour établir ainsi leur authenticité historique. Il s'applique surtout à la description de la frontière serbo-byzantine qui est décrite chez Anne Comnène comme une bande-limite expressive s'étant développée fort lentement en une ligne de frontière. A propos de la lettre de Vukan à l'empereur Alexis Comnène deux choses viennent être traitées : la question sur l'emploi de la matière archivale par Anne Comnène et la question sur le nom des Serbes. L'auteur est d'avis que la lettre est authentique à un certain degré.
Au bout de l'étude sont traités les rapports entre Anne Comnène et le Prêtre de Dioclea pour établir si l'on peut considérer leurs nouvelles comme ayant la même valeur pour l'histoire. Anne Comnène n'a que des notices fragmentaires sur les Serbes avec beaucoup de malentendus géographiques, tandis que chez le Prêtre de Dioclea les données géographiques sont fort bonnes, les explications historiques, au contraire, tiennent de la légende. Lui est plus fort dans les connaissances géographiques, elle, dans la narration historique. Historiquement aussi les nouvelles du Prêtre de Dioclea ne peuvent être prises à l'égale que lorsqu'elles sont confirmées également d'autre part. Jusqu' à présent, on a procédé autrement, au détriment de l'exactitude historique. La source principale pour la fin du XIe et pour le commencement du XIIe siècle serbe reste Anne Comnène.


In: Вести Ане Комнине о Србима (Bulletin de la Société scientifique de Skoplje). 3 (1927) 13-24.

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